Lumière marine : à la découverte du moulin banal de Sainte-Luce
Bienvenue au moulin banal du Ruisseau-à-la-Loutre, à Sainte-Luce !
Parmi tous les bâtiments recensés dans Vieux manoirs, vieilles maisons, c’est celui situé le plus au nord et à l’est de notre belle province, entre Pointe-au-Père et la célèbre plage de Sainte-Luce (carte interactive). Érigé à la confluence du ruisseau à la Loutre — dont il tire son nom officiel — et du majestueux fleuve Saint-Laurent, cet ancien moulin se dresse comme un témoin silencieux et privilégié du ballet quotidien des couchers de soleil, offrant un spectacle lumineux qui a forgé la réputation de ce coin du Québec.
Désigné sous le nom de « moulin banal de Sainte-Luce » dans l’ouvrage, il conserve toute sa prestance malgré la perte de sa fonction d’origine, comme le révèle la photographie avant-après ci-dessous !


Le moulin banal de Sainte-Luce
Cet ancien moulin est aujourd’hui la propriété de M. Emile Perreault. Il fut construit par les seigneuresses Drapeau et réparé par l’honorable juge Ulric Tessier, propriétaire de la seigneurie.
(VMVM, 1927 : p. 236)
Un peu d’histoire
Érigé au début du XIXe siècle au cœur de l’ancienne seigneurie Lepage-et-Thivierge, le moulin est d’abord construit en bois. Tombé en mauvais état, il est reconstruit en pierre en 1848 par l’entrepreneur Louis Bernard, à la demande des seigneuresses Drapeau. Plus solide et doté d’un équipement moderne pour l’époque, il retrouve alors son rôle essentiel : fournir la farine indispensable à la vie quotidienne des censitaires.
Exploité par une succession de meuniers, il demeure en activité près de 125 ans avant d’être acquis, en 1927, par le ministère des Transports du Québec lors de l’expropriation du terrain pour la construction d’une route. La photographie tirée de Vieux manoirs, vieilles maisons montre clairement l’apparence du site avant l’aménagement routier.
En 1941, le moulin est restauré et transformé en centre touristique. Converti en restaurant dans les années 1990, il perd alors sa roue et sa vocation initiale. En 2000, il devient un centre de formation, puis s’ouvre au public dès 2006 comme gîte saisonnier.
Joyau patrimonial cherche preneur
Aujourd’hui, toujours gîte, le moulin banal du Ruisseau-à-la-Loutre demeure un précieux témoin du passé seigneurial de la région. Cité en 2021 par la municipalité de Sainte-Luce, il bénéficie d’une protection qui encadre son entretien et ses transformations, assurant la préservation de son caractère patrimonial pour les générations futures.
Il est actuellement en vente pour 850 000 $ sur DuProprio. Une visite 3D des lieux est d’ailleurs accessible pour quiconque souhaite découvrir l’intérieur — une rare occasion, puisque l’accès aux édifices patrimoniaux privés reste généralement limité.
Alors, qui en sera l’heureux propriétaire ? Et saura-t-il mener le moulin banal du Ruisseau-à-la-Loutre vers l’avenir tout en honorant son héritage ? Si je pouvais me le permettre, je me porterais volontaire, ça c’est certain !
Galerie de photos
Les photographies suivantes ont été capturées lors de ma visite des lieux en juillet 2025, dans le cadre d’un séjour dans le Bas-Saint-Laurent.





Bibliographie
Chassé, B. (s.d.). Le ruisseau à la Loutre. L’Estuaire, 43-46. Université du Québec à Rimouski. Lien.
Chassé, B. (s.d.). La seigneurie de L’Anse‑aux‑Coques ou de Lepage‑Thivierge. L’Estuaire, 36‑40. Université du Québec à Rimouski. Lien.
Gîte Le Moulin Banal du Ruisseau à la Loutre. Lien.
Roy, P. G. (1927). Vieux manoirs, vieilles maisons. Ls-A. Proulx, Imprimeur du Roi. Lien.
Wikipédia. (s. d.). Moulin banal du Ruisseau-à-la-Loutre. Dans Wikipédia. Lien.